« Dois-je payer l'Urssaf pour ma location meublée ? » Pour la grande majorité des LMNP, la réponse est non : leurs revenus supportent les prélèvements sociaux de 18,6 %, prélevés avec l'impôt sur le revenu. Mais il existe deux cas d'affiliation, dont un qui surprend beaucoup de loueurs en courte durée : au-delà de 23 000 € de recettes, on cotise à l'Urssaf même en restant non professionnel sur le plan fiscal.
Le cas général : pas d'Urssaf, des prélèvements sociaux
Un loueur en meublé non affilié ne verse rien à l'Urssaf. Ses revenus de location meublée (après abattement au micro-BIC, ou résultat au réel) supportent les prélèvements sociaux sur les revenus du patrimoine, soit 18,6 % depuis les revenus 2025, calculés et prélevés par l'administration fiscale. La part de CSG déductible, 6,8 %, se retrouve préremplie l'année suivante en case 6DE de la déclaration de revenus. Voir prélèvements sociaux LMNP.
Sources : code de la sécurité sociale, art. L. 136-6 ; impots.gouv.fr ; consultés le 3 octobre 2026.
Les deux cas d'affiliation à l'Urssaf
L'article L. 611-1, 6° du code de la sécurité sociale rattache au régime des travailleurs indépendants les loueurs en meublé dans deux situations :
| Type de location | Affiliation à l'Urssaf si… |
|---|---|
| Courte durée : location à la journée, à la semaine ou au mois à une clientèle qui n'y élit pas domicile (meublé de tourisme, type Airbnb) | les recettes annuelles du foyer fiscal tirées de cette activité dépassent 23 000 €, même si vous restez LMNP au sens fiscal |
| Longue durée : bail meublé à l'année, location étudiante, bail mobilité | les recettes dépassent 23 000 € et dépassent les autres revenus d'activité du foyer : ce sont les conditions du loueur professionnel |
En dessous de ces seuils, pas d'affiliation : vous restez aux prélèvements sociaux. Le seuil de 23 000 € s'apprécie sur les recettes (et non le bénéfice) de l'ensemble du foyer fiscal.
Sources : code de la sécurité sociale, art. L. 611-1, 6° ; urssaf.fr, « Location de meublés » ; consultés le 3 octobre 2026. Voir aussi LMP ou LMNP.
Le cas particulier des chambres d'hôtes
Les chambres d'hôtes suivent une autre règle : l'affiliation intervient dès que le revenu imposable de l'activité dépasse 13 % du plafond annuel de la sécurité sociale, soit 6 123 € en 2025. C'est un seuil de revenu, et non de recettes, bien plus bas que 23 000 €.
Sources : code de la sécurité sociale, art. L. 611-1, 5° et D. 611-1 ; urssaf.fr ; consultés le 3 octobre 2026.
Trois façons de cotiser quand on est affilié
1. L'option pour le régime général (courte durée uniquement)
Le loueur de meublés de courte durée dont les recettes ne dépassent pas 77 700 € peut opter pour le régime général de la sécurité sociale. Les cotisations sont calculées sur les recettes après un abattement de 60 % (meublé non classé) ou de 87 % (meublé de tourisme classé), et déclarées chaque trimestre sur l'espace « Économie collaborative » de l'Urssaf, sans immatriculation spécifique. Cette option n'est ouverte ni à la location de longue durée, ni aux chambres d'hôtes.
Sources : code de la sécurité sociale, art. L. 311-3, 35° (version en vigueur jusqu'au 31 décembre 2026) ; urssaf.fr, mis à jour le 1er janvier 2026 ; consultés le 3 octobre 2026. Le texte est modifié au 1er janvier 2027 : nous mettrons ces taux à jour.
2. Le micro-entrepreneur (micro-social)
| Activité, en 2026 | Cotisations sur le chiffre d'affaires | Versement libératoire (option) |
|---|---|---|
| Meublé de tourisme classé | 6 % | 1,7 % |
| Chambres d'hôtes | 21,2 % | 1,7 % |
| Location meublée de longue durée (loueur affilié) | 21,2 % | 1,7 % |
| Meublé de tourisme non classé | plus de micro-social depuis le 1er janvier 2026 | |
Depuis 2026, le meublé de tourisme non classé ne peut plus relever du micro-social : son loueur affilié cotise au réel, ou opte pour le régime général s'il remplit les conditions. Pour 2025, une tolérance de l'administration a maintenu l'ancien régime.
Sources : autoentrepreneur.urssaf.fr ; entreprendre.service-public.gouv.fr F39451 ; boss.gouv.fr, 4 septembre 2025 ; consultés le 3 octobre 2026.
3. Les cotisations d'indépendant « au réel »
Hors micro-social, les cotisations sont calculées sur le revenu de l'activité. Depuis la régularisation des revenus 2025, faite en 2026, l'assiette est unique pour les cotisations et la CSG-CRDS : le revenu brut abattu de 26 %. Pour un loueur au micro-BIC fiscal qui n'est pas micro-entrepreneur, c'est l'abattement fiscal du micro-BIC qui s'applique à ses recettes, et non celui de 26 %.
Des cotisations minimales sont dues même sans bénéfice, par exemple en 2026 en métropole : 967 € pour la retraite de base, 96 € pour les indemnités journalières et 72 € pour l'invalidité-décès, plus la contribution à la formation professionnelle. C'est un point à intégrer dans la comparaison : un résultat fiscal nul grâce aux amortissements ne supprime pas ces minimums.
Sources : urssaf.fr, réforme de l'assiette sociale des indépendants (LFSS 2024, art. 18 ; décret n° 2024-688) ; urssaf.fr, montants 2026 ; consultés le 3 octobre 2026.
Comment s'affilier
- Option régime général : inscription directe sur l'espace « Économie collaborative » de l'Urssaf.
- Travailleur indépendant ou micro-entrepreneur : formalité sur le guichet unique de l'INPI. Si vous êtes déjà immatriculé comme loueur en meublé, il s'agit d'une formalité de modification de votre activité.
La simple déclaration de début d'activité de loueur en meublé, faite par tous les LMNP pour obtenir un SIRET, ne vous affilie pas à elle seule à l'Urssaf. Voir le guide pas à pas de la déclaration INPI.
Comment déclarer ses revenus quand on est affilié
Depuis 2021, la déclaration sociale des indépendants est intégrée à la déclaration de revenus : l'Urssaf reçoit vos revenus de l'administration fiscale. Sur la 2042-C-PRO (revenus 2025, déclarant 1) :
| Régime fiscal | Cases |
|---|---|
| Micro-BIC | 5NJ, 5NK ou 5NL selon la nature de la location, au lieu de 5NG, 5NH ou 5NI |
| Réel | 5NM (revenus soumis aux cotisations) ou 5WE (déficit), au lieu de 5NA ou 5NY |
| Dans tous les cas | cocher la case DSYA, et au réel indiquer le revenu brut social (DSDE) |
La case DSYA est essentielle : c'est elle qui déclenche la transmission à l'Urssaf, et qui évite que les mêmes revenus supportent en plus les prélèvements sociaux du patrimoine. Les cotisations remplacent les prélèvements sociaux, elles ne s'y ajoutent pas.
Sources : formulaire 2042-C-PRO 2026 ; notice 2041 DRI, § 5.1 ; consultés le 3 octobre 2026. Voir aussi la 2042-C-PRO du loueur en meublé.
Exemples
| Situation | Urssaf ? |
|---|---|
| Studio loué à l'année 9 000 €, couple salarié | Non : prélèvements sociaux de 18,6 % |
| Deux appartements loués sur Airbnb, 28 000 € de recettes, couple salarié à 90 000 € | Oui : courte durée au-delà de 23 000 €, même si le foyer reste LMNP |
| Quatre appartements loués à l'année, 40 000 €, retraité sans revenus d'activité | Oui : loueur professionnel (plus de 23 000 € et plus que les revenus d'activité) |
| Quatre appartements loués à l'année, 40 000 €, cadre à 80 000 € | Non : longue durée, recettes inférieures aux revenus d'activité |
Exemples fictifs, à titre d'illustration.
Questions fréquentes
Je loue en courte durée pour 20 000 € par an : dois-je m'inscrire à l'Urssaf ?
Non, tant que les recettes de courte durée du foyer ne dépassent pas 23 000 €. Vos revenus supportent les prélèvements sociaux de 18,6 %, avec l'impôt sur le revenu.
Affilié à l'Urssaf, suis-je devenu loueur professionnel ?
Pas forcément. En courte durée, l'affiliation sociale au-delà de 23 000 € ne dépend pas des autres revenus du foyer : vous pouvez cotiser à l'Urssaf et rester LMNP sur le plan fiscal, avec les règles LMNP pour le déficit et la plus-value. Voir loueur en meublé professionnel.
Le régime général est-il plus avantageux ?
Il évite les cotisations minimales d'indépendant et s'appuie sur un abattement de 60 % ou 87 %, mais il est réservé à la courte durée sous 77 700 € de recettes. La comparaison dépend de vos recettes et de votre résultat : faites-la avec votre expert-comptable.
Les amortissements réduisent-ils les cotisations ?
Au réel, les cotisations sont calculées sur le revenu de l'activité, donc après charges et amortissements, mais les cotisations minimales restent dues. Au micro, elles portent sur les recettes après abattement.