Airbnb, Booking, Abritel : louer par une plateforme simplifie la gestion, mais crée aussi des obligations, des deux côtés. La plateforme transmet vos revenus aux impôts, publie votre numéro d'enregistrement, compte vos jours de location et collecte la taxe de séjour. Vous, vous déclarez vos recettes, et pas forcément le montant qu'elle a transmis. Voici ce qu'il faut savoir.
Ce que la plateforme transmet aux impôts
Toute plateforme qui permet la location d'un bien immobilier transmet chaque année à l'administration fiscale les informations sur ses loueurs (CGI art. 1649 ter A à 1649 ter E, issus de la directive européenne dite DAC7) :
- votre identité et, s'il est disponible, votre IBAN ;
- les sommes perçues par trimestre et le nombre de locations, ainsi que, à part, les frais et commissions retenus par la plateforme ;
- l'adresse du bien et son identifiant fiscal ;
- le cas échéant, le nombre de jours loués et le type de location.
Elle les déclare au plus tard le 31 janvier de l'année suivante et vous remet le même récapitulatif dans le même délai. Il n'y a pas de seuil pour la location de logements : les seuils de 30 opérations ou de 2 000 € ne concernent que la vente de biens. Un loueur qui ne fournit pas les informations demandées voit son compte fermé après deux rappels.
Sources : CGI art. 1649 ter A à 1649 ter E ; BOI-INT-AEA-30-40 ; FAQ impots.gouv ; consultés le 3 octobre 2026.
Le montant à déclarer : vos recettes brutes
Vous déclarez le total des sommes perçues, et non ce qui a été viré sur votre compte. Or, selon le BOFiP, la plateforme transmet un montant net de sa commission : le montant prérempli, ou celui du récapitulatif, peut donc être inférieur à vos recettes brutes.
| Exemple pour un séjour | Montant |
|---|---|
| Prix payé par le voyageur pour l'hébergement (hors taxe de séjour) | 1 000 € |
| Commission de la plateforme | − 150 € |
| Somme versée au loueur | 850 € |
Exemple fictif.
- Au micro-BIC, vous déclarez les recettes ; l'abattement forfaitaire couvre toutes les charges, commissions comprises.
- Au régime réel, vous déclarez les recettes et déduisez les charges réellement supportées : commissions de la plateforme, ménage, linge, énergie, conciergerie (charges déductibles).
Conservez les relevés annuels de la plateforme : ils détaillent séjour par séjour le prix, la commission et la taxe de séjour. Dans votre espace, saisissez les recettes en « loyers encaissés » et les commissions en « frais de gestion, d'agence, de plateforme ».
Ce que la plateforme fait pour la commune
- Le numéro d'enregistrement : avant la mise en ligne, elle obtient votre déclaration sur l'honneur et publie votre numéro d'enregistrement dans chaque annonce.
- Le décompte des jours : elle transmet, par l'intermédiaire d'un organisme public, le nombre de jours loués de chaque meublé, avec l'adresse et l'annonce.
- Le blocage des annonces : pour une résidence principale, elle retire l'annonce au-delà de 120 jours de location par an, ou du plafond plus bas fixé par la commune (90 jours au minimum).
- La taxe de séjour : quand elle encaisse le paiement, elle la collecte et la reverse pour vous si vous êtes loueur non professionnel (taxe de séjour).
Les plateformes risquent des amendes civiles importantes en cas de manquement : jusqu'à 12 500 € par meublé pour le numéro ou l'information, jusqu'à 50 000 € par meublé ou par annonce pour la transmission des données et le respect des 120 jours.
Source : code du tourisme, art. L. 324-2-1 et R. 324-2 et suivants, version en vigueur au 3 octobre 2026.
Au-delà de 23 000 € : attention aux cotisations sociales
Dès que vos recettes de location de courte durée (meublés de tourisme) dépassent 23 000 €, elles relèvent du régime social des travailleurs indépendants, même si vous restez loueur non professionnel sur le plan fiscal ; une option pour le régime général est possible. Ces revenus se déclarent alors dans des cases spécifiques de la 2042-C-PRO (5NJ, 5NK ou 5NL au micro-BIC). Voir Urssaf et LMNP et loueur en meublé professionnel.
Sources : code de la sécurité sociale, art. L. 611-1, 6° ; notice 2041 DRI ; service-public.gouv.fr F34102.
Les bons réflexes
- Téléchargez chaque début d'année le récapitulatif de chaque plateforme.
- Vérifiez le montant prérempli : déclarez vos recettes brutes, pas le net viré.
- Affichez votre numéro d'enregistrement et respectez le plafond de jours de votre commune (meublé de tourisme).
- Comparez micro-BIC et réel : avec un meublé de tourisme non classé limité à 30 % d'abattement, le réel est souvent plus favorable (simulateur).
Questions fréquentes
Le montant prérempli par les impôts est-il juste ?
Il reprend les données transmises par la plateforme, qui peuvent être nettes de sa commission. Vous restez responsable du montant déclaré : corrigez-le si nécessaire avec vos recettes brutes.
Je loue moins de 2 000 € par an : la plateforme me déclare-t-elle ?
Oui : pour la location de logements, il n'y a pas de seuil de déclaration par la plateforme.
Où déclarer ces revenus ?
Sur la 2042-C-PRO : cases 5NG (meublés classés) ou 5NH (non classés) au micro-BIC, ou résultat de la liasse au réel. Voir déclarer ses revenus Airbnb.